La loi 113, maintenant en vigueur au Québec depuis le 16 septembre 2018, permet aux orphelins et aux enfants adoptés entre les années 1920 et 1970 de connaître le nom de leurs parents biologiques. La divulgation se fait même si les parents avaient, de leur vivant, refusé une demande de retrouvailles et demandé à rester anonymes.

Voici l’histoire de K..., une de ces personnes qui ont été adoptées lorsqu’elle avait seulement sept jours en 1963 par des parents anglophones. On lui a donné le nom et le prénom de M... à l’hôpital St-Mary à sa naissance, c’est-à-dire, le même nom que sa mère biologique. Le père avait donné son consentement par écrit pour que l’enfant soit confié à l’adoption. Les parents biologiques étaient tous les deux dans la quarantaine.

 

Les parents adoptifs ont fait baptisé M... à l’église protestante St-Mathias de Westmount. K... et son frère, qui lui était le fils légitime de ses parents adoptifs, ont été choyés au cours de leur enfance et ils ont que de beaux souvenirs à se rappeler de tout cet amour reçu d’abord à Westmount (Montréal), puis par la suite en Ontario.

 

K... a toujours voulu retracer ses origines, mais le peu d’information qu’elle avait ne lui permettait pas de le faire jusqu’au jour où elle a obtenu des détails que la loi 113 lui donnait accès, des noms, des dates et des endroits. Ce fut passablement facile, pour elle, de retracer sa mère, qui était retournée en Angleterre, ainsi que d’autres personnes de la parenté. Cette trouvaille a aussi permis de confirmer par un test d’ADN la véracité de ses origines du côté maternel. Par contre, pour son père qui portait le prénom d’E..., c’était tout autre chose, car les recherches de K... n’arrivaient pas à retrouver ce E.....    K... s’adresse alors au site web afpaquin.org qui retrouve la bonne famille en question, famille de neuf enfants, 4 garçons et 5 filles, mais il n’est pas question d’une personne avec le prénom E... . Jean-Marie demande à un collaborateur de communiquer avec K... pour obtenir de plus amples détails afin d’élucider le mystérieux cas d’E... . Ce qui fut fait et qui a donné suite à une foule de recherches pour trouver E... dont le prénom apparaissait à Québec comme propriétaire d’une maison de pension à 40 rue Ste-Ursule où vivaient les deux parents biologiques dans les années 60 et qui est d’ailleurs toujours en activité. Des journées entières sur l’ordi et au téléphone ne permettaient de lier E... à la famille.  

 

C’est à cet instant que K... et le collaborateur s’attardent sur une foule d’hypothèses sur ce qui est possiblement arrivé pour qu’un couple en arrive à donner leur fille en adoption. Y aurait-il un secret bien gardé pour cacher cette naissance ? On passe une à une toutes les possibilités en passant par un amour impossible, l’âge des parents biologiques, les chicanes de famille, le rejet, la honte, la réputation, le travail, etc.  Toujours pas de dénouement à l’horizon et une pause permet d’approfondir nos recherches. La nuit porte conseil et favorise un regard plus éclairé sur chacune des éventualités.

 

Prenons d’abord les garçons et regardons la situation familiale de chacun des quatre faisant partie de la famille identifiée comme étant la bonne. Les familles des garçons semblaient tout à fait normales, cependant il y en avait un qui était le père d’un seul garçon alors que d’autres documents lui accordaient la paternité de deux filles. La raison était pourtant bien simple. La généalogie ne portait pas trop d’importance aux filles, car le nom de famille des filles s’estompait avec le mariage. C’est en portant une attention particulière sur cette personne, un père ayant 2 filles et un garçon, devenu veuf dans la quarantaine.   C’est un peu jeune pour demeurer seul à Québec loin des siens. Ce P... aurait-il dans la liste des prénoms qu’on nous donne au baptême le prénom d’E... et voilà que commence le dénouement de toute l’histoire, car ses prénoms sont P... E....  Nous pouvons spéculer sur les raisons qui auraient fait en sorte qu’il a signé en utilisant le prénom E... sur les documents d’adoption, mais ces raisons leur appartiennent et nous ne chercherons pas de plus amples détails.

 

P... et E... sont bel et bien la même personne et allons maintenant essayer de trouver des descendants, toujours vivants qui, par un test d’ADN, viendrait confirmer ses liens de parenté avec K... et permettre à cette dernière de prendre sa place au sein de sa famille d’origine.

 

Si vous connaissez des situations semblables ou si vous êtes de ceux qui recherchent des liens familiaux avec la famille Paquin, vous êtes au bon endroit et nous travaillerons avec vous en toute discrétion car parfois ce genre de recherches donnent lieu à des surprises étonnantes.

Bonnes retrouvailles.

Jean-Paul Paquin