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Le Pasquin VOL. XVIII NOS 1 et 2 Janvier, février ,mars 1986
NOUVELLES DE L'ASSOCIATION

Réminiscences d'un collégien des années 50


L'abbé Carmel Paquin lève ici un voile sur ce qu'était la vie des collégiens avant les années 50.

"Ceux qui ont moins de 40 ans et tous les autres qui n'ont pas eu le privilège d'être pensionnaire, avant 1950, ne peuvent pas avoir une juste idée de ce qu'était la vie dans les collèges à l'époque. À entendre parler ceux qui ont connu ses belles années, on en vient à la conclusion que la vie de pensionnaire était vraiment un job à plein temps.

D'aucuns diront même qu'il ne manquait que des barreaux aux fenêtres. Par contre, ceux de la clôture étaient quasi infranchissables, peut-être encore plus psychologiquement que physiquement. En d'autres termes, on ne sortait pas souvent et pas longtemps.

L'abbé Carmel Paquin a vécu avec des centaines d'autres cette période des années 40, à la discipline de fer qu'il ne regrette pas. Pour lui, la vie de pensionnaire a développé des amitiés, liens serrés, quasi familiaux, entre les pensionnaires ou externes. "Nous étions toujours ensemble par classe, on venait à se connaître très bien. C'était aussi un excellent moyen de former notre caractère.. ." Il se rappelle comment il était impressionné au début par la taille de la bâtisse, le nombre d'élèves et la présence de tous ces prêtres en soutane. L'ajustement à cette nouvelle vie était assez difficile surtout pour les gens de la campagne fort nombreux alors.

Même chose pour le manque de temps vraiment libres, les horaires chargés et la sévérité des règlements. Les journées étaient bien remplies et les congés rares. Même à Pâques, seul le lundi était jour de congé jusqu'à 20 h. En fait, ceux qui restaient loin et ils étaient nombreux, dont des franco-américains, ne pouvaient aller chez eux que durant les Fêtes.

Ceux qui demeuraient dans la région pouvaient aller faire un tour à la maison à quelques reprises durant l'année: la fête de Saint-Joseph. Pas question de découcher toutefois, il fallait revenir pour 20 h.