Nicolas Paquin et Marie-Françoise Plante firent baptiser 13 enfants dont 6 se marièrent (2 fils et 4 filles). Des 7 autres, 4 moururent au berceau ou presque. Jean, né en 1686, mourut en 1688; Louis, né en 1683, décédait en 1683; Antoine, baptisé le 19 avril 1684, était enterré à 20 ans le 20 octobre 1704.

C'est vers 1700, 1702, en tous cas avant 1705, (le 10 octobre 1705, il passe son contrat de mariage devant Chambalon à Deschambault et s'y marie un peu plus tard) l'afilé de la famille, Nicolas, s'en alla prendre une terre grande et bonne et très bien située dans la seigneurie de M. d'Eschambault. Cette con­cession date du 30 août 1707 et elle lui a été faite par Joseph des Fleury de la Gorgendière agissant pour Jacques des Fleury Deschambault.

 

(Voir: Greffe Genaple 7e volume, p. 101 ).

 

À défaut de renseignements précis sur les motifs qui poussèrent Nicolas, fils, à s'éloigner de l'Ile d'Orléans, relations possibles, parenté, conseils, on trouve sûrement une présomption suffisante dans la qualité, l'étendue, l'excellen­ce de la propriété qu'iI acquiert, sans parler des conditions assez faciles dans lesquelles il faisait cette acquisition.

 

Nicolas qui était né vers 1677 fut le premier de la famille à se marier. Son acte de mariage n'a pas été trouvé, (on n'attachait pas l'importance qu'on attache aujourd'hui à la rédaction de ces actes: on a dû l'omettre) mais son contrat de mariage en date du 10 octobre 1705, la naissance de son premier enfant, Nicolas, baptisé à Cap-Santé le 17 mai en 1708 qui nous fixent sur la date de son mariage. Je ne crois pas être beaucoup dans l'erreur en fixant son mariage en 1707.

 

Après Nicolas, c'est Marie qui épouse, à la Sainte-Famille de l'Ile d'Orléans, Jean-Baptiste Marcotte, le 12 juin 1708; puis en 1711, le 23 juillet, deux filles se marient le même jour à Sainte-Famille, Madeleine avec Jacques Perrault et Geneviève avec Jean-François Naud. (Jacques Perrault et son frère Paul reçoi­vent à Deschambault une concession de Jacques Alexis des Fleury Deschambault le 20 mars 1709) (Voir: Greffe Genaple, 7e volume, p. 189).

 

Marcotte, Perrault et Naud sont trois garçons de Deschambault. Quand Ni­colas a décidé de s'en aller à Deschambault son père vivait. Il laissait donc à l 'Ile d'Orléans, disons en 1702, son père, sa mère, son frère Antoine de 18 ans, Louis 9 ans, Jean 1 an, Madeleine 12 ans, Marie-Anne 7 ans. A ce moment, le père n'avait que 54 ans (puisqu'il était né en 1648) et il pouvait compter sur l'aide d'Antoine déjà assez grand. Hélas! Louis mourait l'année suivante à 10 ans et Antoine en 1704 à 20 ans! Seul reste Jean qui n'a alors que trois ans.

 

En 1708, Jean n'a encore que 7 ans quand il assiste au mariage de sa soeur Marie avec Jean-Baptiste Marcotte. On comprend pourquoi Marcotte reste chez son beau-père, que ces épreuves récentes (ajoutées à une vie de si grandes entreprises) ont achevé de briser. L'ancêtre Nicolas devait vivre en effet, que 5 mois après le mariage de Marie. Il fut enterré à Sainte-Famille le 17 décembre 1708. Le gendre Marcotte se fit le soutien de sa belle-mère et le soutien de la famiIle Paquin encore jeune. Au milieu d'eux iI élèvera 3 petites fiIles (je ne compte pas 5 enfants morts au berceau) et un fils Jean-Baptiste qui porte le nom de son père.

 

Jean-Baptiste Marcotte (Voir: Rapport de l'Archiviste Québec 1945-46, p. 15) en 1725 possède (Aveu et dénombrement de Guillaume Gaillard) trois arpents de terre de front sur la dite profondeur (c'est-à-dire la moitié de l'Isle: voir page 14 là où commence la paroisse de la Sainte-Famille), chargés de trois livres tournois, deux chapons de rentes et trois sols de cens aussi tournois, lequel a maison, grange, étable, 60 arpents de terre labourable et arpents de prairie.

 

(Disons en passant que ce Jean-Baptiste Marcotte, fils, se mariera en 1738 à Sainte-Famille avec Angéline Paquet mais qu'il mourra dès 1739 ne laissant qu'un petit garçon, Jean-François, mort lui-même 1 mois avant son père, âgé de 4 mois. Ce qui veut dire que Jean-Baptiste Marcotte, marié à Marie Paquin n'a point laissé de descendants de son nom: seules ses trois filles ont perpétué son sang.)

 

En 1711, Geneviève, Madame Naud, et Madeleine, Madame Perrault, sont allées vivre à Deschambault. Marie-Anne qui grandit (16 ans) va souvent se promener chez son grand frère Nicolas et ses soeurs à Deschambault, si bien qu'en 1720 elle s'y marie avec Pierre Groleau.

 

En 1726, la veuve de l'ancêtre Nicolas Paquin, Marie-Françoise Plante meurt, à son tour au milieu d'avril. À partir de ce moment, Jean-Baptiste Paquin (24 ans), le seul survivant demeurant au milieu de la famille Marcotte vit sans doute plus souvent à Deschambault qu'à l'Ile d'Orléans. Il a 24 ans de moins que son frère aîné Nicolas. On comprend qu'il soit attiré à Deschambault lui aussi, s'y établisse, et s'y marie en 1731. Nicolas Il, le premier Paquin établi à Des­chambault, laissa 8 fils qui se marièrent et perpétuèrent le nom.

 

La descendance de Jean, marié en 1731 avec Marguerite Chapelain est beaucoup moins nombreuse que celle de Nicolas (marié avec Marie-Anne Perrot et Thérèse Groleau) puisque un seulement des trois fils de Jean s'est perpétué jusqu'à nos jours par Joseph Paquin dit .'Fichon" marié à Reine Mathieu et qui est le troisième fils de Jean et Marguerite Chapelain.

 

Joseph dit "Fichon" eut 6 fils. Un seul, Joseph, né en 1770, se maria et resta à DeschambauIt où i I compte de rares descendants dans la région. Les 5 autres: Jean-Marie, Augustin, Charles, François-Xavier et Paul allèrent se fixer à Montréal ou dans les environs.

 

Après trois siècles d'existence en Amérique des recherches nous font voir que les descendants de Nicolas Paquin et de Marie-Françoise Plante se ren­contrent dans toutes les régions et les diocèses du Québec, dans toutes les provinces du Canada et même aux Etats-Unis.

 

Voyons tout d'abord l'archidiocèse de Québec qui groupe les diocèses de Québec, des Trois-Rivières, de Chicoutimi, d'Amos et de Sainte-Anne-de-Ia­Pocatière.

 

C'est dans le diocèse de Québec, qui compte plus de 280 paroisses, que prit racine la première famille Paquin. En effet, Nicolas Paquin, après avoir vécu ses trois ans d'engagement pour le seigneur François Deschamps dans la seigneurie de la Bouteillerie à la Rivière-Ouelle, prit logement à Château-Richer sur la Côte de Beaupré où il continua d'exercer son métier de menuisier. C'est là, que le 18 novembre 1676 il contracta mariage avec Marie-Françoise Plante. Quelques années plus tard, il alla s'établir sur une terre qu'il acheta dans la paroisse de Ste-FamiIle de l'Ile d'Orléans. Ce fut le berceau de la première fa­mille Paquin.

 

Pasteur Paquin, Petite histoire des familles Paquin en Amérique, 1672-1976 (Ancienne-Lorette, Que: Service généalogique Paquin, 1976):