Alexandre Paquin peut facilement revendiquer le titre de «roi du Relais». C'est que depuis l'ouverture de cette station de ski de Lac-Beauport, M. Paquin, 89 ans, a connu toutes les étapes de son développement. Il en est à sa 71e année de ski et son port d'attache, si on peut dire, a toujours été Le Relais.

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«J'ai eu 89 ans le 11 janvier et je fais encore du ski deux fois par semaine. Cette saison, j'ai déjà 25 jours passés sur les pentes. J'en aurais plus si ça n'avait été d'une grippe tenace qui m'a empêché de skier pendant le mois de décembre. Je trouve que le ski est une activité tellement reposante, ça fait du bien d'être dehors et de s'adonner à ce sport. C'est la même chose en été pour le golf.»

 

Il est intarissable, M. Paquin. Avec en plus une mémoire fantastique. Il peut vous nommer l'une après l'autre les marques de skis qu'il a utilisées depuis ses débuts. Et toujours de la qualité. «J'en suis à ma 18e paire. Là-dessus, j'ai été victime de vols. Vous savez quand on a de bons skis, c'est tentant pour les voleurs. Je me souviens qu'en 1938, alors que je travaillais à Montréal, je possédais des skis fabriqués en Allemagne. J'avais payé 25$ et ils étaient bien ferrés, tout ce qu'il y avait de plus moderne à l'époque. Je suis allé skier sur le mont Royal et quelqu'un les a volés. Il n'y avait pas de système antivol à ce moment-là. J'ai aussi changé à mesure que la technologie évoluait.»

 

L'arrivée du ski parabolique a changé la vie de bien des skieurs. «Ce fut d'après moi le plus grand changement dans l'histoire du ski, soutient-il. De mon côté, s'il n'y avait pas eu les paraboliques, je ne pourrais plus faire de ski aujourd'hui, car ç'aurait été trop dangereux, à cause de mon âge. Je me suis toujours tenu à jour dans les techniques de ski et j'ai pris des cours pour mieux maîtriser les skis paraboliques. Ça va super bien et ça fait une dizaine d'années que je les utilise. D'abord ils sont plus courts, j'en ai qui ont 1 m 61 maintenant et je me rappelle que mes premiers skis étaient longs de 2 m 05. L'autre gros avantage est que le rayon de braquage est beaucoup plus court et c'est devenu un véritable charme de descendre. À mon âge, j'ai sacrifié la vitesse sur les pentes pour de belles descentes en slalom.»

 

Hivers coriaces

 

M. Paquin a connu des hivers aussi coriaces que celui qui nous tombe dessus, avec les technologies en moins. «À mes débuts, il n'y avait qu'une piste, celle que l'on surnomme la Gaby-Pleau aujourd'hui, et il n'y avait pas de machinerie pour travailler les pistes. La seule remontée, une corde, était arrêtée après les grosses bordées de neige et le seul moyen d'avoir accès au haut de la piste était de monter avec nos skis, posés de travers dans la côte. En même temps, on la damait. Il n'y avait pas d'autre choix et tout le monde mettait la main à la pâte.»

 

À force de faire autant de ski et de se sentir au fait de toutes les techniques de ski, il n'en fallait pas plus pour que l'on demande à M. Paquin et ses amis de donner des cours aux personnes qui en avaient besoin. «Nous étions membres du club Redskins et c'est pourquoi on faisait appel à nos services. Pour moi, le ski est comme une seconde nature.»

 

Aujourd'hui, il est le doyen du groupe Jeunes de coeur qu'il a contribué à former il y a plusieurs années. «Nous sommes 141 membres cette année et nous tenons plusieurs activités dont quelques petits voyages dans les centres de ski environnants.» Comme d'autres qui atteignent les 80 ans, M. Paquin a droit à sa plaquette spéciale au centre Le Relais.

 

rlabbe@lesoleil.com Réal Labbé

Le Soleil

Québec

 

Merci à M. Réal Labbé et au journal Le Soleil pour la permission de publier ce reportage sur mon oncle Alexandre qui fût très impliqué dans l'Association des Familles Paquin.