L'Association des Familles Paquin atteindra bientôt ses 10 années d'existence, ses noces de fer blanc. Il est fort probable que plusieurs de nos lecteurs ignorent tout de la naissance de notre Association et ce qui a contribué à sa formation. Un dixième anniversaire, voilà une bonne occasion pour faire un retour sur le passé et faire connaître à nos lecteurs les premiers acteurs de ce mouvement qui n'a cessé d'entrainer dans son sillage de plus en plus de Paquin.


On peut dire que tout a commencé un jour d'été, à Pointe-au-Père, chez ma mère, le 5 juillet 1971. Quelques années auparavant, je m'étais intéressé à l'histoire de ma famille et de mes ancêtres. J'avais en ma possession quelques notes sur Nicolas et ses premiers descendants, notes probablement tirées du dictionnaire généalogique Tanguay par un oncle ou une tante. Je comptais donc à ma retraite consacrer mes loisirs à des recherches sur la généalogie des Paquin. C'est ma mère, Mme Yvonne Audet Paquin, qui m'avait alors parlé du Frère Pasteur et de ses travaux de recherche. Elle m'avait conseillé de le rencontrer. L'occasion s'est présentée ce jour d'été 1971 à Pointe-au-Père. Le Frère Pasteur était de passage chez ma mère et par hasard j'y étais en vacances. Après discussion, je finis par persuader le Frère Pasteur qu'il ne fallait pas laisser passer l'occasion de fêter le 3e centenaire de l'arrivée de notre ancêtre, Nicolas l'année qui venait, en 1972. Notre collaboration scellée par notre amitié venait de naître.


Au cours de l'automne, nous avons formé un comité de trois personnes avec chacun des fonctions spécifiques pour l'organisation des Fêtes du IIIe centenaire. Le Frère Pasteur présiderait le comité et se chargerait de contacter des personnes clés pour l'organisation de ce premier ralliement des Paquin. J'agirais comme secrétaire, m'occuperais de la publicité et des relations avec les médias. Le Frère Jules Paquin e.c. préparerait un diaporama sur le pays de Nicolas, la Normandie, et les endroits en Nouvelle-France où celui-ci vécut. Il s'occuperait également des archives. Une photo-souvenir rappelle à la page 207 de la "Petite Histoire des Familles Paquin en Amérique" les premières réunions de ce comité.


Nous décidâmes que le premier ralliement aurait lieu à Deschambault, le berceau des familles Paquin en Amérique. La création du bulletin généalogique "Origine des Familles Paquin au Canada" par le Frère Pasteur en avril 1969 mettait dans les mains du comité le moyen de communiquer avec de nombreux Paquin au Canada et dans toute l'Amérique. Un questionnaire parut donc dans le numéro de février (Vol. 4, No 2) pour sonder l'opinion des Paquin sur les Fêtes du Ille centenaire. La réponse fut spontanée et enthousiaste. Le comité pouvait aller de l'avant.


Des communiqués furent envoyés aux différents quotidiens et hebdos de la province pour présenter le programme des Fêtes du Ille centenaire. Pendant ce temps, les Paquin de Deschambault s'étaient mobilisés sous la présidence de Paul Paquin pour former un comité d'organisation qui comptait plus de 25 Paquin (voir page 208 de la Petite Histoire. ..) . Plusieurs rencontres eurent lieu avec ce comité pour assurer un maximum de coordination et d'efforts. Dès juin, nous avions déjà plus de 300 réponses de Paquin enthousiastes. J'organisai une interview avec le Frère Pasteur pour le poste CHRC. La publicité porta bient6t ses fruits: la chaîne CBC (canal 6 anglais) de Radio Canada voulait tourner un film sur les fêtes de familles qui avaient lieu un peu partout dans la province et cherchait une occasion favorable. La lecture d'un communiqué de presse sur notre projet attira leur attention et c'est ainsi qu'un jour de juillet je reçus un coup de fil de Pierre Leduc me demandant une rencontre avec le réalisateur Mark Phillips. Le comité donna son accord. C'est ainsi que, pendant 4 jours précédant les Fêtes du 20 août l'équipe de télévision de la chaîne anglaise circula dans Deschambault et les environs, prenant des images, interrogeant les gens. Ils étaient là le dimanche du 20 août lors de la messe d'Action de Grâces. L'illumination de l'église pour la prise de vue ajouta aux splendeurs de la cérémonie. L'église ne fut pas assez grande pour contenir tous les Paquin présents, plus de 1000.


La cérémonie fut suivie d'un pique-nique sur les terrains de la ferme provinciale de Deschambault, de la visite des tableaux généalogiques préparés par le Frère Pasteur et du visionnement du diaporama préparé par le Frère Jules. Tous les Paquin qui ont assisté aux Fêtes du 20 août ont sûrement gardé un souvenir excellent de cette merveilleuse journée. Un compte rendu en a été donné dans le bulletin généalogique Vol. IV, No 9, septembre 1972, dans "Petite Histoire. . ." pages 222 à 224. Si le succès de ces fêtes était attribuable aux Paquin de Deschambault et au Comité de Québec, eh particulier au Frère Pasteur, celui-ci reconnaissait que la rencontre de Pointe-au-Père avec le secrétaire avait été l'étincelle qui avait tout déclenché.


Après les Fêtes du Ille centenaire, le Comité ne demeura pas inactif. Le Frère Pasteur forma le projet d'un monument qui rappellerait aux descendants de Nicolas les Fêtes de 1972. Deux endroits furent sélectionnés pour placer ce monument: la halte de Deschambault ou le terrain autour du Vieux Presbytère, classé monument historique. Les autorités provinciales ne pouvaient pas accepter le monument sur les terrains de la halte à cause du précédent que cela créerait et des dangers du vandalisme. Les autorités municipales de Deschambault acceptaient le monument sur les terrains entourant le vieux presbytère mais soulevaient également les dangers du vandalisme qui avaient déjà exercé ses ravages. C'est alors qu'intervint Paul Paquin, le président des Fêtes de 1972: il était prêt à céder par bail un lot de 5' x 4' pour l'érection du monument avec un trottoir d'accès de 32' x 2' à même le lot P3 du cadastre de Deschambault sur lequel Paul Paquin a son domicile, au 116 Chemin du Roi. La proposition fut acceptée et le monument érigé sur ce lot fut béni par le père Jacques Paquin p.m.e. le 24 août 1975. L'allocution du Père Jacques et le procès-verbal de la réunion parurent dans le No 9, Vol. VIII du Bulletin Généalogique "Origine des Familles Paquin au Canada". Copie du procès-verbal rédigé sur place par le secrétaire fut insérée dans le monument avec les scellés. En 1977, Paul Paquin consentait à une servitude à vie pour le lot sur lequel est érigé le monument, assurant ainsi la permanence pour les générations futures.


Pendant ce temps, les démarches du secrétaire pour récupérer l'original ou une copie du film tourné par Radio Canada lors des Fêtes du IIIe centenaire, malgré un léger espoir, se sont révélées vaines. Le comité des 3 toujours actif prépare un autre ralliement pour célébrer le IIIe centenaire du mariage de Nicolas avec Marie-Françoise Plante.


Un questionnaire est préparé à cet effet et paraît dans le Vol. VII, No 1 de janvier 1975. Trois-Rivières est choisi pour le site de ce ralliement à cause des nombreux Paquin qui habitent la région. Des réunions ont lieu le 3 octobre 1975 chez le secrétaire, le 5 décembre 1975 et les 2 et 11 mars et 19 mai 1976 à Trois-Rivières. Le ralliement a lieu au Manège militaire le 8 août 1976 et connaît un vif succès malgré la pluie. On peut lire le compte rendu de ces fêtes dans le Bulletin, Vol. VIII, NOS 8, 9 et 10. Le Frère Pasteur profite de ce ralliement pour procéder au lancement de son livre "Petite Histoire des Familles Paquin en Amérique" .

 

Lors de l'assemblée générale dans l'après-midi du 8 août, le secrétaire propose la fondation d'une Association des Familles Paquin en faisant valoir les avantages très nombreux d'une telle association. L'Assemblée accepte d'emblée la proposition et donne mandat à un conseil d'administration provisoire de procéder à l'incorporation de cette association. Les Frères Pasteur et Jules Paquin, le secrétaire Roger, Charles-Henri et Marius ainsi que Paul et Robert Paquin font partie de ce conseil provisoire. A sa réunion du 5 décembre 1976, le Frère Pasteur est élu président, Charles-Henri, vice-président, et Roger, secrétaire. Tous trois sont chargés de signer au nom du conseil tous les documents nécessaires à l'incorporation. Une autre réunion a lieu le 18 mars pour finaliser la rédaction de la Constitution et des Règlements de l'Association. L'Association reçoit ses lettres patentes le 14 avril 1977. Une autre réunion a lieu le 29 avril pour mettre un point final aux Règlements. Marius est élu trésorier de l'Association et le Frère Jules, archiviste. Le bilan montre alors un déficit d'environ 1325$.


L'assemblée annuelle des membres a lieu à Deschambault le 16 octobre. L'assemblée accepte la Constitution, les Règlements de l'Association, fixe la cotisation à 5,00$ et reconduit les mêmes directeurs aux mêmes postes pour un mandat de 3 ans: à la présidence, le Frère Pasteur, à la vice-présidence, Charles-Henri, au secrétariat, Roger, à la trésorerie, Marius, aux archives, le Frère Jules.


A sa réunion du 10 février 1978, l'Association devient propriétaire du lot où est situé le monument, au 116 Chemin du Roi à Deschambault, pour les 99 ans à venir. L'acte notarié est signé par Paul Paquin et Madame, les donateurs, et par le Frère Pasteur et Roger au nom de l'Association, en présence du notaire Jean Paquin.
En 1978, l'assemblée générale a lieu le 10 septembre au Centre d'Accueil Montfortin, à Montréal. A cette occasion, Paul-Emile Paquin de Longueuil est élu sur le Conseil de Direction pour représenter la région de Montréal. Notre président, le Frêre Pasteur, souffre de plus en plus d'arthrite et doit faire des stages à une clinique de Montréal. Agé de 78 ans, il éprouve de plus en plus de difficulté à effectuer toutes les tâches qu'il s'était réservées jusque-là: correspondance, recherches généalogiques, publication du bulletin, etc. Afin de le soulager, le secrétaire se chargera de la rédaction du bulletin à compter de janvier 1979. Le format et le contenu en seront changés. Désormais, il y aura trois volets: Les Nouvelles de l'Association, les Paquin dans la Vie et les Chroniques (Naissances, Mariages et Décès). Le format 8.5 x 11 permettra une meilleure illustration. Le rédacteur sera aidé dans sa tâche par les membres du Conseil d'administration.


En 1979, le ralliement devenu un véritable congrès a lieu au siège social de l'Association, chez les Frères du Sacré-Coeur à l'Ancienne-Lorette, les 1er et 2 septembre. Une épluchette de blé d'Inde, une soirée sociale animée par notre fantaisiste, Maurice Paquin, bref le congrès connaît beaucoup de succès. L'Assemblée générale a lieu le lendemain, 2 septembre.


En 1980, à Shawinigan, le Congrès organisé par Rollande Paquin et son mari, Jean-Paul Dessureault, a lieu à l'Hôtel des Chutes les 20 et 21 septembre. La soirée sociale, précédant la messe du lendemain et l'assemblée générale, est devenue une tradition. Maurice Paquin et son orchestre sont encore de la partie. À l'assemblée générale du 21 septembre, le président fondateur, le Frère Pasteur, annonce son retrait de la présidence. Une plaque-souvenir est remise à cette occasion.

 

Charles-Henri Paquin est porté à la présidence et Jean-Marie Paquin à la vice-présidence. Les autres directeurs sont reconduits aux mêmes postes sur le Conseil.
En 1981, le Congrès a lieu à Longueuil les 28, 29 et 30 août, avec réception à l'hôtel de ville, visite des lieux historiques, soirée sociale animée par Maurice Paquin, messe d'action de grâces, assemblée générale. C'est jusqu'ici le congrès le plus réussi après le ralliement de 1972. Son succès est attribuable à Paul-Emile Paquin, échevin de la ville de Longueuil, et à sa famille qui n'ont pas ménagé leurs efforts pour faire de ce congrès un grand succès.


Depuis janvier 1981, le bulletin généalogique est publié sous un nouveau nom à la suite d'un concours parmi les membres: "L'origine des Familles Paquin au Canada" est devenu le "Pasquin" . Le bulletin n'a cessé de s'améliorer depuis deux ans. Il est mieux illustré, plus aux faits des événements qui ont marqué et marquent la vie des Paquin et se révèle un merveilleux moyen de communication et d'échange.


Le mini-congrès à Deschambault, le 22 août 1982, est suivi d'un autre grand congrès à Saint-Eustache les 27 et 28 août 1983. Saint-Eustache porte encore aujourd'hui les marques d'un prêtre célèbre, le Rév. Jacques Paquin, qui y fut curé durant les troubles de 1837-38. Organisé par Gérard Paquin, le vice-président actuel de notre Association, le Congrès constitue un véritable retour aux sources: visite des lieux historiques avec un historien et conférence sur le curé Paquin. La soirée musicale avec le choeur des Deux-Montagnes et la messe dans l'église reconstruite par le curé Jacques Paquin au lendemain des troubles, le repas communautaire avec les mets du pays demeurent de précieux souvenirs pour ceux qui ont assisté à ce congrès. La présence de Réginald Paquin, directeur et représentant pour les U.S.A., et de son ordinateur ont été également un pôle d'attraction pour les Paquin présents. Réginald, auteur d'une traduction anglaise de "Petite Histoire des Familles Paquin en Amérique", avait commencé à mettre sur ordinateur les fiches du Frère Pasteur.


En consultant les cahiers de Réginald, plusieurs Paquin ont pu remonter sur place leur ascendance jusqu'à l'ancêtre Nicolas, tout en aidant Réginald à compléter ses fiches. Actuellement, Réginald a pratiquement terminé le travail. L'entrée des fiches familiales sur ordinateur constitue pour l'avenir une source précieuse de renseignements.


En 1984, le mini-congrès a lieu à Château-Richer le 26 août, dans la paroisse où s'est marié l'ancêtre Nicolas avec Marie-Françoise Plante en 1676. L'assemblée générale se tient à l'Erablière du Vieux-Cap dans la salle même où plus de 100 Paquin ont dégusté un délicieux buffet. Le mandat est donné par l'assemblée au Conseil d'organiser un voyage au pays de Nicolas, plus précisément à La Poterie-Cap-d'Antifer, en Normandie. Ce sera l'événement marquant de 1985. Le voyage connaît un vif succès et 77 Paquin visiteront la Bretagne et la Normandie entre le 17 mai et le 3 juin 1985. Le moment culminant du voyage sera la réception à La Poterie le 27 mai et le dévoilement de la plaque souvenir désormais fixée près des fonts baptismaux dans l'église de La Poterie. Le compte rendu de ce voyage a paru dans le vol. XVII, Nos 2, 3 et 4 du Pasquin.


En 1985, l'assemblés générale a lieu à Drummondville le 18 août et plus de 200 Paquin y assistent.


Depuis 1976, l'Exécutif et le Conseil d'administration de votre Association ont tenu 51 réunions, soit une moyenne de cinq réunions par année. Les procès-verbaux sont consignés dans les 165 pages d'un livre 8.5 x 14 qui constitue des archives précieuses pour les futurs historiens des familles Paquin.


Plaque-souvenir offerte par les Paquin d'Amérique en l'honneur de leur ancêtre Nicolas Paquin, parti de son village natal, La Poterie, en 1672. La plaque fut bénie et dévoilée le 27 mai et scellée près des fonts baptismaux dans l'église de La Poterie, le 1er juin 1985.


Texte : Roger Paquin, secrétaire et membre fondateur de l'AFP