Celle que je vous présente est une femme avant-gardiste dans bien des domaines. Il s'agit de ma mère, qui avant de mettre au monde ses quatre enfants, contribuait grandement au bien-être de son milieu.

Mme Thérèse RocheleauThérèse, née le 21 juin 1920 est décédée le 10 avril 2014 au Centre Drapeau-Deschambault de Sainte-Thérèse, elle était la dixième d'une famille de onze enfants, plus une cousine adoptée. Elle considérait qu'elle avait eu une jeunesse heureuse entourée d'affection et de présences humaines. Très jeune, elle a promenée son baluchon scolaire à travers Montréal-est pour son cours préparatoire et sa 1ière année, à Saint-Gabriel de Brandon comme pensionnaire de sa 2e jusqu'à sa 5e année, et de retour à Montréal-Est pour sa 6e jusqu'à 9e année. Après avoir étudié durant toutes ces années, sept ans la musique classique et trois ans de musique populaire et, elle a fait sa 10e et 11e année en suivant un cours d'arts ménagers et d'art culinaire à l'École Ménagère régionale de Sainte-Martine appelée couramment l'Institut familiale de Sainte-Martine. Entre temps, sa famille demeurait toujours à Montréal-Est.

C'est sans compter son temps, qu'elle a fait des gâteaux de noces, d'anniversaires, pour toutes sortes d'occasions et ce, bénévolement. Durant la guerre, de 1943 à 1945, elle a travaillé comme commis de bureau au Dépôt No. 12 de la R.C.A.F. de Montréal-Est. Afin de sortir du stress de cette guerre, quoique très lointaine, des parties de hockey étaient organisées au Dépôt No.12. Devançant Manon Rhéaume au titre de première gardienne de but, elle et son équipe occupèrent les vingt minutes de pause lors des rencontres interindustrielles du vendredi soir à l'aréna de Pointe-aux-Trembles, Montréal. Elle mania aussi le bâton de balle-molle en occupant les postes de deuxième but et d'arrêt-court en compétitionnant avec un autre dépôt militaire, soit celui de l'Ordonnance à la Longue- Pointe et aussi contre les équipes de Notre-Dame–de-Grâce, de Parc Extension, etc. La gymnastique, le volley-ball, le ballon-panier, le tennis, le badminton, le patinage, la raquette et le ski de fond ont été des sports qui ont fait partis de sa vie. Le cyclisme fut aussi une activité qui s'est prolongée jusqu'à l'âge de quatre-vingts ans, âge où elle a dû se résigner à abandonner ce sport en raison de troubles de santé.

Depuis son tout jeune âge, ses parents lui ont inculqué des valeurs d'amour et de partage envers son prochain. Elle avait comme grande qualité la compassion, ce qui lui a permis d'habiller l'intérieur d'une tombe d'enfant pour des gens dans le besoin. Elle écrivait aussi des chroniques dans des journaux locaux. Elle s'est occupée, durant plusieurs années, de gens démunis au sein de la Saint-Vincent-de-Paul de la paroisse Saint-Georges de Montréal-Sud (Longueuil) de même que lectrice aux offices dominicales et aux funérailles et était très active aussi au niveau des Loisirs du Parc Raymond et des bazars paroissiaux. La peinture à l'huile était et pour elle, un autre moyen de se réaliser et de conserver son équilibre et sa raison de vivre. Toutes ses toiles, ce sont des cadeaux qu'elle a offert à sa famille, sa parenté et ce, gratuitement. Elle avait le don d'organisation c'est pourquoi plusieurs rassemblements familiaux étaient sous sa gouverne. C'est une personne qui durant toute sa vie a été à l'écoute des autres.

Malgré la besogne qu'exigeaient sa famille et l'implication de ses jeunes dans différents groupements, elle a su accueillir à plusieurs occasions, des neveux, nièces, arrière-neveux et arrière-nièces. Comme la maison où elle a grandi à Montréal-Est était le refuge de la parenté et des amis en provenance des États-Unis, de l'Abitibi-Témiscaminque, etc., elle a conservée cette même mentalité. Chez nous, la maison a été le théâtre de plusieurs festivités et d'évènements heureux.

En vieillissant, ses activités sportives ont laissé place, dès 1970, à des recherches généalogiques et en histoire. Quelques cours d'anglais et d'ordinateur, de même qu'en généalogie et paléographie lui ont permis de publier, à compte d'auteur, un volume sur son ancêtre Rocheleau et sa descendance en 1981 et, aussi sur l'ancêtre Jean Baril en trois volumes dont le premier volume publié en 1992 sous le titre de « Mosaïque Baril » lui a valu le prix Percy-W. Foy de la Société généalogique canadienne-française, dans la catégorie « meilleure généalogie ou histoire de famille ». Suite à la parution de ces volumes, elle est devenue dans le monde généalogique et sur internet, une source de référence très prisée. Elle a beaucoup collaboré à l'association des familles Paquin à plusieurs niveaux et plus spécialement en faisant partie des comités organisateurs lors des rassemblements des Paquin le 29 et 30 août 1982 à Longueuil et lors 350e anniversaire de la fondation de Montréal les 22 et 23 août 1992.( Voir : Revues Le Pasquin vol XIII No.3. et le vol XXIV No.4 (juillet-août-septembre 1992). Lors de ce dernier évènement, elle était aussi appuyée de Madame Denise Paquin Thibault (1928-2014) décédée le 21 mars dernier à Laval.

Comme vous pouvez le constater, sa vie a été bien remplie. Après avoir vendu la maison de la rue Sainte-Hélène à Longueuil, à l'été 2005 (maison acquise en 1950), elle et mon père Viateur Baril, aujourd'hui décédé (d : 4 mai 2011), demeurèrent à la Résidence « Au Claire Matin » sur la rue Lévis, toujours à Longueuil. Ce n'est pas sans tristesse qu'ils ont dû vendre la maison qui a vu naître leurs deux derniers enfants : Yolande et Serge. La santé déclinante, il a fallu à maman un an et demi pour accepter ce changement de vie. Elle n'avait pas renoncé, pour autant, à la généalogie, à internet et à la peinture à l'huile. Elle a été hospitalisée à quelques occasions à l'hôpital Pierre-Boucher de Longueuil. De retour à son logement, elle espérait de tout cœur reprendre ses forces et se remettre à ses activités journalières. Il a fallu le décès de papa en 2011, pour qu'elle quitte Longueuil pour s'établir à la Résidence Anne-Gabriel de Sainte-Anne-des-Plaines tout près de ses enfants Gérald et Ghislaine.

À l'été 2013, elle fut hospitalisée pour des problèmes pulmonaires et les services médicaux trouvèrent que son état de santé exigeait des soins constants. Il a donc fallu qu'elle soit placée dans un CHSLD soit celui «Drapeau-Deschambault» de Sainte-Thérèse, endroit où elle a rendu l'âme le 10 avril dernier en présence de son fils Serge. Elle fut exposée au salon funéraire Groulx de Sainte-Anne-des-Plaines et inhumée le 16 avril au cimetière de Saint-Gabriel de Brandon, endroit où elle repose à côté de Viateur et tout près de toute sa famille Rocheleau. Elle a connu ses 11 petits-enfants ainsi que ses 21 arrière-petits-enfants dont la dernière qui est venue garnir les rangs le 1ier décembre 2013.

C'est alors que je profite de cet hommage pour rendre publique tout le travail que maman a fait au cours de sa vie. Elle a su donner à ses quatre enfants une bonne partie de sa vitalité et de son assurance pour cheminer dans la vie pour qu'à notre tour nous puissions réaliser le plus de nos rêves. Qu'elle repose en paix après une vie bien remplie.