La seigneurie de la Bouteillerie était une concession de l'intendant Talon à François Deschamps. Concession de deux lieues de front (1 lieue de chaque côté de la rivière) et d'une lieue et demie de profondeur. La résidence du seigneur était sur les terrains actuels de la fabrique de la Rivière-Ouelle.

 

François Deschamps vint en prendre possession dès l'automne de 1671. Il arriva sur le vaisseau St-Jean-Baptiste en compagnie de deux charpentiers, de deux maçons et de quatre manoeuvres pour la construction de la seigneurie.

Voici la vérité au sujet du seigneur de la Rivière-Ouelle: Le roi avait déjà fait une concession de 1000 arpents de terre, située entre les Trois-Rivières et Montréal, en faveur d'un gentil homme normand du pays de Caux, le sieur de la Bouteillerie qui dans le dessein de s'y établir et de la mettre en valeur, s'em­barque à Dieppe, à la fin du mois de juin 1671, sur le navire le "St-Jean-Baptis­te", conduisant pour cela avec lui deux charpentiers, deux maçons et quatre manoeuvres. Mais il parait qu'arrivé au Canada, il craignit de s'établir sur des terres si exposées aux incursions des barbares et renonça à sa concession pour se fixer sur une autre où il n'eut pas les mêmes dangers à courir. Le 29 octobre de l'année suivante 1672, il obtint de M. Talon deux lieues de terre de front au bord du fleuve St-Laurent, savoir: une lieue de chaque côté de la Rivière-Ouelle, cette rivière est comprise, sur une lieue et demie de profondeur, et ce fut là qu'il s'établit.


(Voir: Abbé FAILLON, tome 3e p. 346).
(Histoire de la colonie française au Canada).

 

 Le 29 octobre 1671, Jean-Baptiste-François Deschamps de la Bouteillerie, à Québec, engageait Gabriel Lambert (Voir: Greffe Romain Becquet, 3e volume, p. 66). Il aurait sans doute, pris à son service d'autres engagés, s 'il avait pu le faire.

Le greffe du notaire Romain Becquet (3e volume pp. 75 et suivantes) nous révèle que du 7 octobre au 29 octobre 1671, après l'arrivée des navires venus de France, cinquante-quatre (54) contrats de mariage ont été rédigés. Ces nouveaux ménages s'établirent sur des terres et il est normal de conclure que les hommes libres de s'engager étaient plutôt rares. Disons, en passant, que l'année précé­dente, du 20 août au 23 novembre 1670, après l'ouverture de la navigation, quatre-vingt-sept (87) contrats de mariage avaient été passés par-devant le notaire Romain Becquet (3e volume, pp. 46 et suivantes).